Les dauphins de l'Ile de Sein - 2018



Les dauphins et le groupe.

La notion de groupe chez les dauphins est délicate à établir. Pendant de nombreuses années nous avons défini ce « Groupe » comme un rassemblement important des effectifs des dauphins (de l’Ile de Sein) qui avait la particularité de réunir la quasi-totalité des plus jeunes éléments en compagnie de leurs mères respectives. Ses limites étaient certes très fluctuantes dans le temps mais la condition sur la présence des plus jeunes semblait servir de base solide à la définition du « Groupe Principal ». Depuis quelques années le « Groupe Principal » ainsi défini n’est plus observé et cette expression n’a plus de sens.
Reste le paradoxe des dauphins : Plus on les observe, plus les généralisations qu’on en tire sont fragilisées ou détruites. En ce sens ils nous ressemblent beaucoup.

Le groupe de l’Ile de Sein rassemble cette année 2018 une bonne trentaine de dauphins. Pour être plus précis, il faudra préciser le critère d’appartenance à ce groupe. Comme les années précédentes, nous retiendrons un taux d’observations significatives de 20% (au sein d’un groupe) pour les dauphins marqués, c’est-à-dire identifiables à l’aide de cicatrices. Ce critère nous amène à dénombrer 31 dauphins dans le groupe de l’Ile de Sein et cinq individus « atypiques » qui ont été identifiés sur le secteur de l’ile mais qui ne répondent pas au critère d’appartenance précédent.

Observations et études statistiques

Les observations d’identification reposent essentiellement sur la photo-identification et accessoirement sur des vidéos sous-marines prises à l’étrave du bateau. Seules sont retenues les séances durant lesquelles les images auront permis d’identifier au moins 10 individus marqués au cours d’une séance. (Pourquoi cette  restriction ? Pour éviter de tenir compte des sorties effectuées dans de mauvaises conditions.)
Cette barre à 10 individus est elle aussi arbitraire et reste inchangée par rapport à l’année précédente. Ce nombre est à comparer aux 24 individus marqués identifiés à Sein cette année. Le cas de Dony/Randy, solitaire en retraite, est traité à part.
La photo identification est complétée (dans le cas de mes observations) par la localisation de l’animal lorsque celle-ci est atypique (c’est-à-dire en dehors de la zone de chasse privilégiée) ou lorsque l’observation a lieu en dehors d’un groupe, c’est-à-dire lorsque le dauphin est en situation de  « franc-tireur ».

Le traitement statistique repose sur l’analyse des taux d’observations

De plus, l’établissement d’une matrice d’affinité devrait permettre de mettre en évidence les proximités entre individus. L’introduction tardive de cette nouvelle technique ne permettra pas d’obtenir beaucoup de résultats cette année. On observe cependant déjà que les « voyageurs » ont tendance à se rapprocher lorsqu’ils fréquentent le groupe.

Qu’observe-t-on ?

Là aussi la population de référence sera la population marquée indépendamment de son appartenance au groupe de l’Ile de Sein. En clair elle intègre les dauphins ayant fait de courtes visites sur l’Ile (mais pas Dony/Randy).
La courbe du taux d’observations, comme les années précédentes, est assez régulière. Elle part de 16% et culmine à 96% ! Elle confirme la très grande diversité des comportements de ces dauphins.

Les « grégaires » sont observés au cours de la majorité des séances d’observation :
Treize individus marqués, soit 54% de cette population,  entrent dans ce cadre. Le record atteint 96% pour Peau d’Ane ! Plus de la moitié des dauphins est observée et identifiée dans plus de 50 % des sorties.
Oui les dauphins se rassemblent souvent en groupes mais ce n’est pas le cas de la totalité des individus, loin de là et ceux qui se rassemblent volontiers ne sont pas identifiés dans un groupe à chaque sortie.

Les « atypiques » :
De l’autre côté de la courbe, on trouve trois dauphins qui ne sont observés que rarement (moins de 20 % de taux d’observation). Leurs cas sont particulièrement intéressants.
            Dolores (16%) : Observé dès le début de cette étude en 2008, sa présence au sein du groupe est restée très basse ces dernières années.
            Trentin (16%) : A la différence de Dolores, Trentin n’a été repéré qu’en 2012. C’est donc un voyageur qui a rejoint le groupe de l’Ile de Sein. Pour le reste son profil rappelle le précédent.
            Yohan (18%) : Ce dauphin a un profil complètement différent de celui de Dolores ou de Trentin. Yohan entrait jusqu’à l’année dernière dans la catégorie des grégaires. Le voir entrer dans la catégorie des atypiques est une surprises.
Encore une fois nous nous trouvons en présence d’une diversité de comportements surprenante !
            Enfin notons que Nikita avec un taux d’observation de 20% a un profil et une histoire très proches de celui de Trentin.

Notons aussi pour compléter le tableau que ces dauphins plus rarement identifiés ne sont pas systématiquement isolés et peuvent très bien intégrer provisoirement le groupe et y être observés. Rien n’indique donc qu’ils en soient rejetés.

Les groupes, les francs-tireurs et les voyageurs.

Les fiches de présence permettent de différencier un dauphin vu au sein d’un groupe d’un « franc-tireur » observé seul ou en compagnie d’un (ou deux) autres dauphins. Ces dauphins peuvent très bien être invisible le matin et rejoindre le groupe l’après-midi. Ce statut de franc-tireur n’est pas attribué à un dauphin mais bien à une observation limitée dans le temps.

Où sont les dauphins marqués qui ne sont pas aperçus/identifiés ?
Les recherches en dehors des zones de chasse privilégiées autour de l’Ile de Sein peuvent permettre de tomber sur des francs-tireurs mais, en général, ces recherches sont des échecs. 
D'autre part, l'étude des fiches de présence de ces dauphins révèle souvent des observations groupées sur des périodes réduites.
L’interprétation privilégiée reste donc le départ d’une partie de ces dauphins présumés « voyageurs ».
Les recherches sur les fichiers des groupes de mer d’Iroise ou de Manche n’ont pas permis de les retrouver.
Notons aussi que ces dauphins présumés voyageurs ont été observés en situation de franc-tireur comme au sein du groupe.

Les dauphins sédentaires semblent bien constituer l'essentiel des groupes observés. De même les francs-tireurs et les voyageurs pourraient constituer le vivier d’origine des dauphins atypiques.

Les limites de l’identification.

La méthode d’identification utilisée souffre d’un biais difficile à corriger. Les dauphins francs-tireurs sont beaucoup plus discrets et leur observation est délicate. Leur identification l’est d’autant plus.
Au contraire un groupe est plus facile à repérer du fait de son nombre d’abord et de la présence des plus jeunes, plus joueurs et qui affectionnent particulièrement l’étrave du bateau d’observation.
Les comportements de francs-tireurs sont donc probablement sous-évalués.

L’emploi du temps.

On distinguera au cours de la journée des phases d’activité et des phases de repos … avec les mêmes réserves que précédemment : la séparation entre ces deux phases n’est pas franche et ne touche pas simultanément la totalité du groupe observé.

L’activité regroupe la prospection/chasse et les jeux dans lesquels nous incluons les pratiques sexuelles (suspectées).

La prospection/chasse recouvre une surface de prédilection étonnamment réduite de l’ordre de 5 km2.
La population des dauphins a su adapter sa stratégie aux courants de marée. Elle recherche les situations où les roches de la Chaussée de Sein canalisent un courant puissant susceptible d’entrainer le poisson fourrage. Installés dans le courant les dauphins y attendent les prédateurs naturels de ces petits poissons.
Naturellement, les dauphins restent opportunistes et pourront quitter leur zone de prédilection pour un coup de mulets (par exemple). Ainsi on peut les voir quitter précipitamment leur rivière de courant favorite pour y revenir peu de temps après.
Lorsque les conditions ne se prêtent plus à cette chasse en rivière, les dauphins semblent adopter une stratégie de faute de mieux, plus délocalisée et dictée par la hauteur d’eau.

Depuis plusieurs années les dauphins avaient délaissé le « Tour de l’Ile » qui consistait à effectuer ce trajet à l’étale de basse mer. Il semble que cette tradition reprenne même si les horaires sont moins rigoureux qu’avant. Le parcours reste rigoureusement identique à ce qu’il était.

Le repos lui ressemblerait à une prospection erratique, lente et plus ou moins dispersée. Si le troupeau se sent inquiété par l’approche d’un bateau il pourra adopter un comportement furtif et fausser compagnie à l’intrus. Dans le cas contraire il pourra permettre la poursuite de l’observation à distance (et les jeux d’étraves des plus jeunes réfractaires à la sieste).

Les effectifs.

Nous rappelons qu’il s’agit des effectifs des dauphins appartenant au Groupe de l’Ile de Sein avec un taux d’observation supérieur à 20% et leur progéniture.
L’évolution de ces effectifs repose donc sur les naissances/décès et les arrivées/départs ainsi que la définition d’appartenance au groupe..
Cette année, nous avons constaté deux naissances (Gécko et Griffith). Nous n’avons pas repéré d’arrivée cette année mais bien une disparition surprenante : celle de White Tip. Départ ? Cela reste peu probable vu son profil de dauphin grégaire. Décès ? Ce dauphin ne paraissait pas en mauvaise santé.
Avec trois dauphins insuffisamment présents pour prétendre à un titre de résidence (contre deux en 2017), nous nous retrouvons cette année avec le même effectif de 31 dauphins présentant des taux d’observation supérieur à 20%.



L’hécatombe chez les plus jeunes (de moins de 3 ans) n’est plus observée.
Par contre c’est la première fois qu’un dauphin adulte disparaît.
Pour ce qui est des arrivées/départs, ces phénomènes sont trop aléatoires pour que l’on puisse en tirer des conclusions.

Identification

Nous passerons maintenant en revue la totalité des dauphins identifiés sur Sein.
Rappelons que l’identification des dauphins « lisses » (il s’agit des jeunes peu ou pas marqués) reste délicate et que ceci peut entraîner un biais dans les observations.
Le nom attribué au dauphin est suivi des trois derniers taux d’identification si disponibles.

ALIEN : (2016 : 60% - 2017 : 76% - 2018 : 76%)

Femelle dauphin. Son prolapsus reste visible et n’évolue plus significativement. Toujours très présente cette année.

Description :
Une entaille rectangulaire à la base du bord de fuite de l’aileron. Lambeau supérieur et petit palier à sa base.




ALIKA : (2016 : 85% - 2017 : 78% - 2018 : 67%)

Dauphin mâle. Et quel mâle ! C’est probablement le plus imposant représentant du groupe. Alika semble cependant s’assagir en même temps que les observations deviennent plus irrégulières.
Alika reste cependant éminemment sociable et proche de nombreux autres congénères. Premier prix de camaraderie avec le meilleur score dans la matrice d’affinité.

Description :
Un aileron de vieux briscard, déchiqueté et lacéré à souhait. Et la petite encoche verticale au sommet de celui-ci qui permet une identification rapide.
Sa caudale ne vaut guère mieux que son aileron dorsal.




BAMBOU : (2016 : 92% - 2017 : 91% - 2018 : 87%)


 Dauphin femelle et mère de King en 2014 puis de Gécko cette année 2018. Très présente tout au long de la saison. Attribuons-lui la médaille de la famille puisqu’elle est la première à nous présenter deux delphineaux en pleine santé.

Description :
Aileron falciforme à l’extrémité arrondie. Une boursoufflure du bord de fuite sur son tiers supérieur facilite l’identification de ce dauphin.




BILBAO : (2016 : 81% - 2017 : 91% - 2018 : 76%)

Dauphin femelle. Moins chanceuse que Bambou, Bilbao a perdu un delphineau en 2014 mais a mieux réussi avec Black Jack l’année suivante. « Tante » très active, elle prend aussi soin des plus jeunes dauphins. Bilbao, avec des taux d’observation impressionnants, ne semble pas non plus quitter l’Ile de Sein.

 Description :
Un lambeau assez important dans le haut du bord de fuite de l’aileron en fait un dauphin facile à identifier et à suivre. Le reste de l’animal est relativement peu marqué.




CATARINA : (2016 : 71% - 2017 : 78% - 2018 : 84%)

Dauphin femelle. Très présente au sein du groupe, elle a perdu en 2015 un delphineau.

Description :
Jeune et très peu marquée, Catarina reste assez délicate à identifier : pour cela il faut un bon cliché mettant en évidence la petite encoche au tiers supérieur du bord de fuite. Une longue et superficielle marque en diagonale sur le flanc droit constitue un second élément d’identification.





LA CHICA : (2016 : 77% - 2017 : 87% - 2018 : 93%)

Dauphin femelle. Après avoir perdu un delphineau en 2013, la Chica a donné naissance à Joker en 2015. Son rôle de mère la retient donc, elle aussi au sein du Groupe Principal où elle reste très proche de son dernier delphineau. Un des piliers des grégaires avec un taux d’identification supérieur à 90%.

 Description :
Une large encoche au milieu du bord de fuite, se développe sur environ un quart de celui-ci. Lambeau supérieur et palier inférieur. RAS sur le reste du dauphin, encore jeune et donc peu marquée.


Image de P. Touzeau


DOLORES : (2016 : 29% - 2017 : 4% - 2018 : 16%)

Son aileron, marqué, mais sans évolution notoire d’une année sur l’autre laisse penser qu’il s’agit là d’un dauphin femelle, nettement plus âgée que les précédentes. Cependant Dolores ne joue pas un rôle de tante.
Dolorès est un franc-tireur impénitent et ses rares fiches de présence laissent penser qu’elle (il ?) voyage beaucoup. La matrice d’affinité indique une grande proximité avec Christina.
Cette année encore Dolores ne remplit les conditions de présence lui permettant de prétendre à l’appartenance au groupe de Sein. Sa fréquentation de l’avant-port lui confère un petit côté dauphin solitaire attiré par les activités humaines.

Description :
Aileron élancé, au bord de fuite rectiligne dans sa partie supérieure et surmonté par une double boursouflure.
Entaille très nette sur le dos, derrière la base de l’aileron.




DONY/RANDY 

Dony (alias Randy) ne fait plus partie du groupe de Sein dans le sens où il ne semble pas avoir été observé en compagnie d’éléments de ce groupe. Lors de ses passages sur l’Ile, Dony ne se mêle plus au groupe local et ne chasse plus dans les mêmes eaux.
Dony, pour ses courts séjours sur le Caillou, réserve en général la bouée de la Penn ar Bed, à l’entrée du port.

Ce dauphin solitaire a restreint essentiellement ses déplacements cette année à la mer d’Iroise, baie de Douarnenez et rade de Brest. Ses contacts avec les plongeurs ne semblent pas avoir repris. Ses fans peuvent encore caresser son ventre nacré à partir d’un ponton ou d’embarcations basses sur l’eau. Et les rares chiens intéressés par ce type d’interaction peuvent encore tirer leur épingle du jeu. Dony est donc rangé des voitures.
Cependant il peut montrer des signes inquiétants d’énervement sur des bouées de mouillage. Et notons qu’il a croisé à plusieurs reprises le dauphin Zafar qui a défrayé la chronique cet été 2018.

Description :
Blessure ancienne et importante sur le bord d’attaque de l’aileron.




FANCHETTE : (2016 : 83% - 2017 : 76% - 2018 : 73%)


Dauphin femelle et heureuse mère de Justine en 2015. Comme la majorité des autres mères de jeunes delphineaux, Fanchette ne voyage pas et reste un des piliers du groupe.

Description :
Fanchette se distingue par les trois petites entailles sur le bord de fuite de son aileron dorsal. Elle reste très peu marquée et pas toujours facile à identifier.




FORBAN : (2017 : 51% ; 2018 : 38%)


Repéré pour la première fois en 2017 par le PNMI Forban poursuit ses passages dans la Chaussée espacés par de longues absences et signe là un profil de voyageur.



Description :

Un aileron fortement échancré par de nombreuses et profondes entailles facilite son identification.







GECKO : (2018 : 69%)

Ce delphineau de l’année a Bambou pour mère.

Description :
Très beau jeune dauphin plein de vie, son identification repose naturellement sur la proximité immédiate avec sa mère Bambou..




GERALDINE : (2016 : 85% - 2017 : 84% - 2018 : 76%)

Mâle ou femelle ? Les marques de Géraldine pourraient s’être accentuées cette année. Et comme Dolores, ce dauphin n’est pas régulièrement observé en accompagnement d’un plus jeune. Par contre, ce dauphin semble plus jeune que Dolores et plus agé que les autres femelles avérées. Géraldine ne voyage pas non plus.

Description :
Son aileron présente une nette entaille avec un lambeau supérieur très marqué, légèrement au-dessus du milieu du bord de fuite de l’aileron. Nombreuses marques en peigne un peu partout. 




GRAPHITI : (2016 : 73% - 2017 : 62% - 2018 : 84%)

Dauphin femelle, mère de Jonas né en 2015. Graphiti ne voyage pas non plus.

Description :
Une profonde entaille en pointe marque le bas du bord de fuite d’un aileron assez « pointu ». Peu marquée sur le reste du corps.




GRIFFITH : (2018 : 62%)

Il s’agit du second jeune dauphin de l’année. Sa mère est Minette;

Description :
Si la proximité immédiate de sa mère est la méthode d’identification la plus sure, on peut noter une irrégularité à la base du bord de fuite de l’aileron dorsal montrant un creux à cet endroit.




HENRIETTE : (2016 : 77% - 2017 : 56% - 2018 : 87%)

Après le décès de Kaola, Henriette a mis au monde un nouveau delphineau, Ilona, fin 2016 (source P.N.M.I.).

Description :
Peu marquée, Henriette reste d’identification délicate : Il faut pouvoir observer le fin lambeau au milieu du bord de fuite, au-dessus d’une très petite entaille.




HOLA : (2018 : 27%)

Né de Pito en 2017 (source P.N.M.I.), ce très jeune dauphin suit donc sa mère qui s’est tenue relativement à l’écart du groupe cette année. Hola a montré qu’une mère pouvait élever son delphineau séparément.

Description :
Les observations restent peu nombreuses et Hola est essentiellement identifié par la proximité immédiate de sa mère.






ILONA : (2016 : 6% - 2017 : 49% - 2018 : 62%)

Ilona est né en 2016 (source P.N.M.I.) d’Henriette. 

Description :
Ilona reste assez proche de sa mère ce qui permet de l’identifier par ricochet.




L’INCA : (2016 : 33% - 2017 : 60% - 2018 : 38%)

Dauphin mâle, massif et puissant, volontiers franc-tireur. Ce dauphin semble avoir retrouvé le goût du voyage cette année.

Description :
Aileron triangulaire, largement marqué, légèrement incliné sur la droite, au bord d’attaque pratiquement rectiligne. Son bord de fuite conserve un petit lambeau à sa base et une minuscule encoche proche du sommet. Le reste du corps et largement couvert de marques en peigne.


Image P. Touzeau


IRVANA : (2016 : 65% - 2017 : 62% - 2018 : 51%)

Né en 2016 de Xina. Toujours assez proche de sa mère.

Description : En dehors de la présence de sa mère l’identification d’Irvana ne repose que sur des marques très superficielles.




BLACK JACK : (2016 : 38% - 2017 : 60% - 2018 : 69%)

Né en 2015 de Bilbao. Très présent auprès de sa mère ou de ses jeunes cousins-cousines.

Description ;
Une estafilade le long du bord de fuite de son aileron, côté droit, une autre à sa base ont évolué en de larges bandes claires remarquables.




JACKY : (2016 : 77% - 2017 : 76% - 2018 : 60%)

Dauphin mâle au même profil que l'Inca. Mais contrairement à son collègue, Jacky ne semble pas s’éloigner longtemps du Groupe Principal et des cailloux de la Chaussée de Sein. Ce serait donc plus un franc-tireur qu’un voyageur.

Description :
Aileron à son sommet par de nombreuses marques en peigne. Un assez important lambeau triangulaire au tiers supérieur du bord de fuite a disparu cette année laissant place à un aileron coupé à la serpe (comme Yohan) surmonté par une minuscule encoche). Nombreuses marques en peigne sur le reste du corps.




JOKER : (2016 : 71% - 2017 : 73% - 2018 : 62%)

Né en 2015 de la Chica. Il s’agit donc d’un jeune dauphin, très peu marqué, mais, lui aussi, resté assez proche de sa mère.

Description ;
Identification délicate (minuscule encoche au milieu du bord de fuite et légère inversion de la courbure du bord d’attaque de l’aileron). L’absence de marques, mêmes superficielles pourrait servir d’indice pour son identification.




JONAS : (2016 : 46% - 2017 : 62% - 2018 : 69%)

Jonas est né lui aussi dans les premiers mois de 2015. Sa mère est Graphiti. Ce jeune dauphin est particulièrement joueur et sociable. S’il est d’avantage présent auprès de sa mère il est aussi très souvent observé en présence d’autres dauphins et sa filiation n’a pas été facile à établir.

Description ;
La forte courbure de son aileron dorsal sur la gauche facilite son identification.




JUSTINE : (2016 : 71% - 2017 : 58% - 2018 : 67%)

Encore un jeune dauphin né en 2015. Sa mère est Fanchette et sa filiation n’a pas posé de problèmes.

Description :
L’identification reste délicate en dehors de la présence de sa mère. Elle repose sur l’examen du raccordement entre le bord de fuite de l’aileron et son dos, irrégulier sur le premier tiers.




KING : (2016 : 85% - 2017 : 78% - 2018 : 71%)

Dernier survivant de la génération 2014 et fils de Bambou.
C’est donc l’ainé de la bande exubérante des jeunes auprès desquels il reste très présent.

Description :
A cet âge, les delphineaux restent délicats à identifier. On notera cependant un faible décalage du bord de fuite de l’aileron au niveau du tiers inférieur. Les autres marques sont trop superficielles pour subsister.




MINETTE : (2016 : 83% - 2017 : 69% - 2018 : 69%)

Ce dauphin femelle, a mis au monde un jeune cette année : Griffith. Elle l’élève au sein du groupe.

Description :
L’encoche triangulaire au tiers supérieur d’un  aileron marqué, reste sa principale source d’identification.




NIKITA : (2016 : 56% - 2017 : 29% - 2018 : 20%)

Probablement un dauphin femelle, observé pour la première fois en 2010. Bien que profondément travaillé, son aileron n’évolue pas et le reste du corps reste relativement peu marqué. Ses absences du Caillou, de plus en  plus longues, confirme son statut de voyageur. Son taux d’identification ne la classe pas parmi les atypiques ce qui confirme le caractère assez arbitraire de ce classement.

Description :
Découpe de l’aileron en trois lobes avec un petit palier à sa base.




PALOMA : (2016 : 38% - 2017 : 42% - 2018 : 38%)

Très probablement un dauphin femelle. Paloma cultive son indépendance.
A la différence des autres francs-tireurs, Paloma est très casanière et, lorsqu’elle s’isole du groupe, c’est très souvent pour s’installer dans le secteur de Nerroth ou du port de Sein. Il lui arrive d’entraîner un deux dauphins à sa suite.
Est-ce un voyageur ? La question reste posée. En tous cas, à l’instar des solitaires, ce dauphin semble apprécier les activités humaines.

Description :
Une nouvelle et fine entaille orne le bord de fuite de son aileron, à peine en dessous du milieu de celui-ci.




PEAU D’ANE : (2016 : 92% - 2017 : 89% - 2018 : 96%)


Imposant dauphin. Recordman des fiches de présence. Un mauvais cliché indiquerait qu’il s’agit d’un male. Sa présence auprès des plus jeunes prend le contrepied de ce point de vue. Très bon score d’affinité.
Ce dauphin reste très fidèle au territoire du groupe. On note donc qu’un dauphin âgé et sans attaches familiales n’est pas systématiquement un voyageur.

Description :
Dauphin de grande taille au bord de fuite de l’aileron très découpé, surtout à la base. Largement marqué.




PITO : (2016 : 81% - 2017 : 67% - 2018 : 33%)

Dauphin femelle déjà bien marquée. « Tante » intentionnée et très présente dans l’étrave du bateau et qui ne semble pas quitter le groupe.
Le P.N.M.I.  a signalé la mise au monde par Pito d’un petit dauphin, Hola, à la mi-septembre 2017.
De façon surprenante, on constate que la mise au monde d’un jeune delphineau semble l’avoir éloigné du groupe, avec un taux d’identification en chute libre. A suivre.
 
Description :
Deux encoches arrondies sur le bord de fuite de l’aileron. Une en haut et l’autre en bas, plus discrète.




TRENTIN : (2016 : 24% - 2017 : 11% - 2018 : 16%)

Dauphin probablement femelle. Ce voyageur est resté très discret cette année. Bien accepté dans le groupe même s'il n'y est observé que très sporadiquement. Selon nos critères, Trentin fait partie des dauphins atypiques.

Description :
Aileron très découpé mais moins profondément cependant que celui de Peau d’Ane. Peu d’évolution dans ces découpes et les marques sur le reste du corps sont superficielles.




XANTHIA : (2016 : 55% - 2017 : 31% - 2018 : 38%)

Dauphin femelle et mère d’Ilam en 2016 (source PNMI) qui n’a pas survécu à sa première année. Au vu de ses fiches de présence, nous ne saurions préciser si Xanthia voyage en plus de chasser en franc-tireur.

Description :
Peau très claire. Relativement peu et superficiellement marquée. La petite encoche rectangulaire située au tiers supérieur du bord de fuite de l’aileron, bien que très nette n’est pas visible de l’avant. Tout petits paliers horizontaux en haut et en bas de cette encoche.




XINA : (2016 : 79% - 2017 : 87% - 2018 : 73%)

Dauphin femelle et mère, en 2016, d’Irvana, son premier delphineau. Très présente dans le groupe.

Description :
Une encoche en haut de l’aileron avec lambeau supérieur et inférieur. Un bord de fuite « ciselé » et un troisième lambeau en bas de celui-ci.




YOHAN : (2016 : 54% - 2017 : 60% - 2018 : 18%)

Dauphin mâle. Yohan a décidé de voyager cette année au point de rentrer dans le groupe des atypiques. La chute vertigineuse de son taux d’observation ne lui permet plus d’obtenir sa carte de résident (selon nos critères). C’est la première fois qu’un comportement aussi radical est observé.

Description :
Bord de fuite de l’aileron « coupé à la serpe ». Petit palier incliné à la base. Le tout petit lambeau en haut de ce dernier a disparu fin septembre.




YSENGRIN : (2016 : 0% - 2017 : 33% - 2018 : 24%)

Ysengrin confirme son intégration réussie dans le groupe. Il y a été observé régulièrement mais ses fiches de présences révèlent les longues absences caractéristiques d’un voyageur.

Description :
Deux profondes entailles à la base du bord de fuite d’un aileron dorsal fortement incliné vers la gauche.




  le 14 octobre 2018.

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